Pour ses promoteurs, Marseille 2013,
c’est – en vrac : « Une machine de guerre », « un accélérateur d’Euroméditerranée », un moyen « d’attirer les cadres et les touristes », si possible de « se débarrasser de la moitié de la population » et, au passage, de « gagner cinq euros [de bénéfice privé] pour un euro [d’argent public] investi »…
Les Marseillais sont censés participer aux réjouissances, se laisser bercer de bons sentiments, s’enthousiasmer pour une culture hors-sol parachutée depuis les sommets de la bureaucratie européenne et applaudir à l’éviction des cultures populaires intimement liées à ce territoire. Pour notre part, bien conscients que cette opération va se mener contre nous, nous ne serons pas les gogos de leur pseudo-événement. S’ils veulent la guerre, ils l’auront !
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Vu rue d’Aubagne. Décembre 2012, ©MEG

Le carnaval 2013 de La Plaine et de Noailles aura lieu le 17 mars. Une effigie de MP13 sera brûlée en place publique, à l’issue d’un procès stalinien, sous les huées d’une foule prise de vin.
Plus d’informations : http://www.facebook.com/ostaudaupai...
Un bref aperçu de l’état de délabrement intellectuel caractéristique du verbiage autour de l’art contemporain… En bleu, le texte original.
Cette initiative veut être « la voix collective de ceux et celles qui habitent, fréquentent et défendent une Plaine vivante et populaire », ainsi que le proclame son manifeste.
Un discret articulet de La Provence nous apprenait, il y a peu, les noces de l’impertinence et de l’audace, en la personne du "Off" et de la banque Populaire.
Vendredi 13 avril 2012, le « Off » et le « Out » tiennent une conférence de presse au Comptoir de la Victorine, où l’on fabriquait des allumettes, avant que des artistes ne colonisent les lieux, au début des années 2000. Une petite salle bondée, avec ses politiques installés au premier rang, dont Solange Biaggi (UMP), Lisette Narducci et Patrick Menucci pour le PS. « Off », c’est aussi le début d’« officiel »…
Invités à célébrer la transformation de leur ville en décor pour le grand film du « vivre ensemble », les habitants de Marseille seront bientôt filmés en permanence.
La girafe ! Elle était arrivée il y a un peu plus d’un an, en haut de la Canebière, aux Allées de Meilhan. Nous autres du quartier, incultes et ignorants que nous sommes, on s’était demandé…
Pour la plupart des habitants de cette ville, Marseille Provence 2013 – « capitale européenne de la culture » – ne signifie rien, ou pas grand-chose. Et le plus beau, c’est que même chez ceux qui bossent dans ce secteur économique et vivent suspendus aux promesses de subventions, l’ambiance est à la déprime. Beaucoup murmurent – en privé – que ce sera un fiasco, une cagade monumentale. « C’est pathétique, ils se foutent complètement de ce qu’on fait, ils veulent juste nous labelliser et coller leur logo partout. »
D’ores et déjà l’opération « Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture » a créée l’unanimité, que celle-ci soit « in » ou « off ». Alors même que la Chambre de Commerce ne fait aucun mystère de l’objectif poursuivi, qu’Euromediterranée s’est fait le plus zélé propagandiste de l’événement, tout le monde salive, comme un troupeau de klébards pavloviens, au simple énoncé du mot culture, y compris les pseudo-critiques de 2013. Obtenir un tel consensus, voilà qui inaugure une nouvelle forme de gouvernance.
Marseille en guerre, site réalisé avec Spip, version 2.1.12. 2012.